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S’il est maintenant très probable que la majeure partie des conseils régionaux sera pilotée par des majorités roses-vertes, il est nécessaire de mettre en lumière une importante zone d’ombre d’Europe Ecologie : la promotion du régionalisme le plus rétrograde que l’on puisse imaginer. Nombreux sans doute ont été les électeurs ayant accordé leur suffrage à ce rassemblement en toute bonne foi, en toute ignorance de ce point obscur, aux antipodes de l’article premier de notre Constitution qui institue la République comme une et indivisible. Cet article, qui n’a d’autre but que de clarifier le débat, le leur fera peut-être regretter.


Europe Ecologie est le nom donné, lors des élections européennes de 2009, à des listes de rassemblement impulsées par Daniel Cohn-Bendit, dont les deux principales composantes sont les Verts et la Fédération Régions et Peuples Solidaires.


« Les nations sans Etat »

 

Pour qui aurait fait quelques recherches sur cette « fédération des partis politiques régionalistes et autonomistes » dont le logo apparaît clairement sur toutes les affiches de campagne aux côtés de celui des Verts, il n’aurait pas été difficile de trouver quelques idées à faire froid dans le dos. RPS prétend ainsi défendre les « nations sans Etat », comme le seraient l’Alsace, le Pays Basque, la Bretagne, la Savoie, l’Occitanie, la Catalogne ou encore la Corse.


C’est un fait avéré que les Verts pratiquent depuis longtemps des alliances régionalistes, particulièrement depuis 1999 à l’échelle européenne, avec l’Alliance Libre Européenne qui regroupe des partis « fédéralistes, autonomistes ou indépendantistes », Daniel Cohn-Bendit étant co-président du groupe Verts-ALE au parlement européen depuis 2002. Rien n’est donc caché pour qui sait chercher. Ce qui peut étonner, c’est le silence assourdissant des médias sur cette question, c’est aussi le peu de réactivité des autres acteurs de la politique française.


Or le scrutin de dimanche prochain est en passe de donner à cette mouvance de nombreux élus régionaux, sous l’étiquette écologiste. Ce sera autant de leviers politiques, de tribunes publiques et de réseaux opérationnels accordés à des organisations qui mettent en péril la République, en prônant la dissolution du Peuple français au profit d’une multitude de « nations » ethnico-linguistiques.


« Les Peuples de l’Hexagone »

 

La liste est longue des signes précurseurs de ce qui pourrait arriver si nous n’y prenons garde.


Ici et là, Europe Ecologie défend l’idée de Parlements régionaux, avec capacités législatives, comme par exemple en Alsace, dont les deux départements devraient fusionner. François Alfonsi, membre du Parti de la Nation Corse, récemment élu député européen en deuxième position sur la liste Europe Ecologie du sud-est, a ainsi pu affirmer, lors d’une récente conférence de presse tenue symboliquement sur les lieux du Parlement d’Alsace avant 1918, sous régime allemand : « Il y a un mouvement général d'autonomie régionale en Europe dans lequel la France est totalement isolée. Avec les Verts, on renversera le mur jacobin ! ».


Grâce à son alliance avec les écologistes, l’Union Démocratique Bretonne, qui prône un « nationalisme progressiste » à l’échelle de la Bretagne, table par exemple sur un minimum de quatre élus régionaux, même sans accord avec le PS.


De son côté, Philippe Meirieu, le Pédagogue, tête de liste E.E. dans la région Rhône-Alpes, s’est prononcé pour une région Savoie autonome, qui ferait sécession avec le reste de la collectivité territoriale, le Mouvement Région Savoie ayant réussi à obtenir au premier tour la 4ème position dans le département de Haute-Savoie.


Et la fédération RPS de proclamer encore sur son site : « pour la première fois de l’histoire, une formation autonomiste occitane est en capacité de faire élire des représentants dans la quasi-totalité des régions du Pays d’Oc. » « Pour les Peuples de l’Hexagone, ces élections peuvent devenir historiques », claironnent ces promoteurs du régionalisme intégral, qui se sentent pousser des ailes, debout sur le marchepied écolo*.


Le démembrement de la France

 

Édifiante aussi, la page d’accueil du site internet de la Fédération RPS qui met en avant, depuis plusieurs années, une étonnante carte démembrant l’Europe, et tout particulièrement la France, en de multiples morceaux selon des critères ethniques et linguistiques, rappelant les pires pages de notre histoire (voir ci-dessus). On pourra aussi consulter avec autant de profit une autre carte du même acabit qui trouve sa place sur la façade de l’Alliance Libre Européenne.


efaSi les électeurs n’ont pas forcément conscience de ces enjeux lorsqu’ils mettent dans l’urne un petit bulletin vert, il serait toutefois irresponsable de la part de pontes socialistes négociant des accords de ne pas le savoir. Ou bien ce serait de l’ordre de la faute politique, avec circonstances aggravantes.


Pourquoi les voix qui s’élèvent habituellement pour dénoncer les dispositions antirépublicaines du Front National n’en feraient-elles pas autant, sinon plus, pour Europe Ecologie, en un sens bien plus dangereux puisqu’en passe de se retrouver dans le camp majoritaire ?


La République française est une construction politique éminemment originale et précieuse, mais c’est aussi un tissage séculaire extrêmement délicat. Et lorsque l’Etat faiblit, c’est-à-dire quand il ne répond plus aux aspirations des citoyens, quand il renonce à la spécificité de l’expérience historique qui est la sienne – en voulant, bon an mal an, appliquer au pays un modèle qui ne lui correspond pas –, lorsque la Constitution elle-même devient comme un brouillon que l’on peut raturer à tout vent, alors l’esprit féodal se réveille, les institutions s’effritent, le pacte social s’érode, et c’est tout l’édifice qui tremble. Et tous les moulinets sur l’identité nationale ne feront jamais que brasser de l’air pour masquer l’essentiel.


Rien n’est évidemment perdu, loin de là. Il ne s'agit pas de faire du catastrophisme, mais il est temps d’ouvrir les yeux sur les enjeux profonds d’une époque où l’on a malheureusement souvent l’impression que tout est vain.

 

Mathieu Lavarenne

Président du CR68 Edouard Boeglin

 

* Au final, ce sont 22 élus régionaux que la fédération RPS aura obtenus grâce à l'alliance avec les Verts, mais aussi aux accords avec le PS (sauf en Bretagne). 

 

PS (mise à jour de 2014) :  

Les cartes de l'ALE et de RPS ont récemment été retirées des sites. Il ne s'agit pas là d'un recul sur la doctrine, car le discours n'a pas changé. Voici pour mémoire ce qu'on pouvait encore voir sur la page d'accueil de la fédération RPS début 2014.

 

FRDPS-carte.png

 

 

Une autre carte plus récente sur le site de l'alliance libre européenne :

efa-carte-unser-land.png

 

 

efa-u.png

 

 

Pour mémoire :

--> la carte de l'Alliance libre européenne datant de 1997 :
carteeuropeanradicalalliance.jpg
--> la carte de l'alliance libre européenne en 2004 :
carte-europe-regions-Verts-ALE-2004.jpg
Une carte de 2014 de RPS (à noter que Unser Land et RPS considèrent que la langue de l'Alsace est l'allemand) :
32529_1.jpg
Tag(s) : #Communautarisme

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